Le Remous des Certitudes
Le remous des certitudes
Exposition du 18 novembre 2026 au 10 janvier 2027
Vernissage le 17 novembre 2026 à 18h
Remise du Prix Prisme : 7 janvier 2027
Exposition des diplômées du Master Art 2026 :
Lucile Cop, Constance Deharo, Lu Fengyue et Elisa Mazereel
En partenariat avec l’École Supérieure d’Art et de Design de Reims et le Club d’entreprises mécènes PRISME.
Expérimentations, tâtonnements et remises en question sont le propre de toute pratique artistique, a fortiori étudiante. A force de tester, reculer, chercher, tourner autour, s’égarer pour enfin avancer, s’affirme progressivement une singularité théorique et esthétique. Les probabilités de points communs entre les œuvres de diplômé·es d’une même promotion sont donc minces.
Pourtant, les démarches artistiques de Lucile Cop, Constance Deharo, Fengyue Lu et Elisa Mazereel se font écho. Avec le dessin, la vidéo, l’installation, le textile et le son, les artistes esquissent un univers du quotidien qui nous échappe subrepticement. Par un doux glissement, les frontières entre le dedans et le dehors se confondent et les choses ne sont pas telles qu’elles semblent être. La surface peut s’avérer trompeuse et les visiteur·euses feraient bien de prendre garde à ce qu’ils·elles regardent et à là où ils·elles mettent les pieds.
Dans le roman Portrait d’un inconnu, Nathalie Sarraute porte la voix d’un narrateur qui cherche, selon les mots de Jean-Paul Sartre, « à capter chez les personnages qui le fascinent (…) sous leurs attitudes et leurs paroles, par-delà leur monologue intérieur, ces mouvements secrets, inavoués, à peine conscients, ces sentiments à l’état naissant, qui ne portent aucun nom, et qui forment la trame invisible de nos rapports avec autrui et de chacun de nos instants. »
Les œuvres de l’exposition semblent procéder de cette même quête existentielle, avec tout ce qu’elle comporte de « drames minuscules », de frustration et de décalages qui nous font basculer sans nous en apercevoir, dans une dimension d’inquiétante étrangeté. Ainsi, Lucile Cop met à l’épreuve les regards hâtifs en testant les limites entre dessin, peinture et photographie. L’image d’un hangar abandonné se diffracte en de multiples facettes obtenues par bains d’encre de Chine sur textile tandis que des végétaux en gros plans éclatent sous l’effet d’un intense clair-obscur réalisé à la pierre noire. Elisa Mazereel instille une dimension proche du fantastique en pilonnant de puissants flash lumineux le ventre d’une maison pour mieux en révéler ses arêtes extérieures ou en faisant chuchoter les murs du FRAC, chargés de secrets de plus de quatre siècles. Chez Fengyue Lu, des objets appartenant à la sphère du banal, voire de l’intime : une éponge et son savon, une tomate, une table de nuit, un jaune d’œuf dans un syphon d’évier, forment un univers délicatement feutré dont sourd une gêne indéfinissable. Enfin, Constance Deharo orchestre un jeu complexe de correspondances à partir de souvenirs, images mentales et photographies personnelles dessinées en noir et blanc. Elle peint en les personnifiant, deux vieux vêtements qui s’unissent dans un mouvement amoureux et dissémine sur le sol, de petites coquilles d’escargots, moins inoffensives qu’il n’y parait.
Bienvenue au sein de l’exposition du Prix Prisme. Relaxez-vous…